Comment un patrimoine culinaire a été injustement renversé de son trône. Les références bibliographiques de ce travail figurent dans le glossaire.
1879 : À l'origine, la texture était plutôt granuleuse, car les morceaux de cacao et les cristaux de sucre restaient séparés après la fabrication. Ce n'est qu'avec le Processus Bernois qu'il a été possible d'homogénéiser la texture. En conséquence, la version au lait a également gagné en aspect esthétique quelques années après 1879 (déplacez le réglet vers la droite ou vers la gauche).
Cet ouvrage spécialisé de 1915 contient une illustration d'une conche figurant dans le chapitre consacré à la fabrication de la version fondante. La page suivante met en avant la texture crémeuse du « Chocolat Fondant », due à sa teneur en matières grasses plus élevée. La propriété de fusion souhaitée est toutefois obtenue grâce au traitement mécanique dans la conche. L’auteur allemand précise en outre que le type fondant a été fabriqué pour la première fois en Suisse (Fabrikation von Schokolade und anderen Kakaoerzeugnissen, P. Zipperer et H. Shaeffer, p. 204-205).
À ce stade de l'arrêt de 1909, la cour fait référence à la clause de localisation figurant dans le contrat d'achat de 1899. Le même jugement mentionne la décision du conseil d'administration de 1905, selon laquelle l'Allemagne ne devait plus être servie par Berne. Le juge a également constaté que la pertinence de ce changement stratégique n'était pas claire (jugement définitif rendu contre A. Lindt de 1909, Cour suprême cantonale, p. 10 et 12).
En traversant le pont de Nydegg depuis la vieille ville en direction du Parc aux ours, on a une belle vue sur cette façade, située sur la droite. À l'époque, ce bâtiment servait à transformer le cacao en une pâte homogène. Aujourd'hui, il contient des appartements. L'inscription rappelle toutefois encore ce passé sucré.
Cette préparation à base de malt en poudre contient du cacao dégraissé et des œufs. Dans les pays anglophones, le produit était commercialisé sous le nom d’« Ovaltine ». « Ovo » est le mot latin pour « œuf ». C'est en Italie que W. Gysi a appris l'enrobage, devenant ainsi un spécialiste de l'enrobage des noix et de la fabrication de corps creux. Ces deux exemples montrent que Berne était à l'époque un véritable pôle d'activité. L'histoire de ces délices sucrés est donc aujourd'hui tout aussi riche.
Matte : les premiers habitants s’y sont installés en 1191. C’est donc le plus ancien quartier de Berne. La colonie située au bord de l’Aar était placée sous la protection de la Nyburg, qui a ensuite été remplacée par l’église de Nydegg. Pendant longtemps, le port de la ville se trouvait dans le quartier de la Matte. Les troupes françaises de Napoléon l’appelaient le « Quartier Noir ». La population, majoritairement pauvre, avait un langage secret. Ce langage est appelé « l’Anglais de la Matte ». C'était, en somme, le lieu parfait pour un moulin à cacao secret. Et pour une douce révolution. C’était en 1879. C'est de là qu'un chapitre délicieux de l'histoire mondiale a été né.